Création, IA et émotion
- 21 déc. 2025
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Cette fin d’année 2025 aura été marquée par la publicité de Noël d’Intermarché, centrée autour d’un loup solitaire qui apprend à cuisiner pour être accepté à une fête de Noël, qui est devenue un véritable succès mondial. Ce court-métrage d’animation français a déjà été vu des centaines de millions de fois à travers le monde, suscitant admiration et discussions dans l’industrie créative.
Ce qui distingue ce spot, baptisé « Le Mal-Aimé », c’est qu’il a été réalisé sans recourir à l’intelligence artificielle générative à une période où de nombreuses campagnes publicitaires font appel à l’IA pour accélérer ou enrichir la production visuelle. Intermarché a volontairement misé sur une animation artisanale et made in France par une équipe de près de 70 artistes.

La publicité repose sur une narration authentique et une bande-son nostalgique discutable avec la chanson Le Mal Aimé de Claude François, qui, on ne le rappelle jamais assez n'aimais que les très (trop) jeunes filles en plus d'être tyrannique et infidèle.
L’histoire du loup (d’abord mal compris, puis accueilli grâce à sa transformation) fonctionne comme une métaphore sur l’acceptation, l’empathie et le désir d’appartenance, des thèmes universels donc.
Cette capacité à créer une connexion émotionnelle rappelle une idée souvent discutée dans les débats actuels sur l’IA en graphisme : même si les outils automatisés peuvent générer des images ou des visuels impressionnants, ils ne remplacent pas la capacité humaine à raconter une histoire significative et cohérente.
Le succès d’Intermarché montre plusieurs points importants pour les créatifs et les communicants :
L’histoire compte plus que l’outil. Une idée originale et exécutée avec soin touche souvent davantage qu’une production rapide générée automatiquement.
L’émotion reste un levier puissant. En période de fêtes, les publics cherchent des récits qui résonnent avec leurs valeurs, pas seulement des visuels spectaculaires.
L’IA est une aide, pas une solution magique. Elle peut optimiser certaines étapes, mais elle ne remplace pas l’intention et la sensibilité humaines.
Pour les graphistes, les directeurs artistiques ou les communicants ainsi que leurs clients, ce succès est donc un rappel précieux : la créativité n’est pas une question d’outil, mais de perspective, d’émotion et de narration : des qualités que même les technologies les plus avancées ne peuvent pas simuler pleinement sans une vraie intention humaine. Du moins pour le moment !

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